Témoignage : « Je souhaitais organiser une association de femmes victimes à l’armée » (Raphaëlle, soldate en compagnie de combat)

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Bonjour à vous,

Je tiens tout d’abord à vous remercier de m’avoir répondue aussi rapidement et surtout merci d’avoir enquêté sur ce sujet aussi sensible et qui je l’espère va faire avancer les choses. Depuis plusieurs années je me bats pour que justice soit faite et surtout que l’on ne laisse pas ces choses impunies. Je sais encore aujourd’hui que l’armée du silence est toujours présente. Je vais vous relater en quelques mots ce qui a pu m’arriver pendant mes 5 ans de carrière.

Mon chef de section : « les femmes ne sont bonnes qu’à se faire engrosser »
Engagée en X au Bataillon des Chasseurs Alpins j’ai effectué mes six mois de classe dans de bonnes conditions et j’ai fini dans les premières de mon incorpo. Après une sélection sur dossier j’ai été la première femme et la plus jeune, à 18 ans, à rentrer dans une compagnie de combat. J’ai été présentée à mon chef de section qui pour me souhaiter la bienvenue m’a signalé: « Que ce n’était pas un choix pour lui d’avoir une femme dans sa section, que les femmes sont bonnes qu’à faire la bouffe le ménage et à ce faire engrosser. » Le décor était planté et je vous passe d’autres détails mais je savais que je devais encore faire mes preuves dans cette section pour être bien intégrée.
Dès le début nous sommes partis en mission Vigipirate sur Paris, et là les choses ont commencé à dériver.
Pendant ma douche un homme à 2 reprises a fait des tractions au niveau de la porte afin de me voir nu sous la douche en me signalant que j’étais « trop bonne ». Je me suis expliquée avec cette personne en disant que c’est la dernière fois sinon j’allais en référer à mes supérieurs.

Nous étions dans un dortoir et l’un d’entre-eux s’est permis de fouiller dans mes affaires et à enfiler mes sous-vêtements et a fait un défilé devant tout ses collègues. Puis quelques jours plus tard on a pris mon appareil photo et 2 hommes ont photographié leurs sexes puis d’autres m’ont demandé mes positions préférées.  Je n’avais encore jamais eu de relations avec un homme, on peut dire qu’ils m’ont donné des cours d’éducation sexuelle tous les jours, j’étais devenue incollable à force et les films porno dont ils me montraient les scènes qu’ils voulaient que je reproduise avec eux.

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« Je subissais les remarques graveleuses du genre ‘paye ton sein’, ‘je vais te bouffer la chatte' »

Puis les mois ont passé, mon intégration a été très difficile car on m’a testé  psychologiquement et physiquement, probablement pour savoir si j’étais apte à partir au combat. J’avais envie de montrer que les femmes ont aussi leur place dans l’armée et pour moi c’était un honneur et une grande fierté de pouvoir rentrer dans cette compagnie. Puis arriva notre départ en Côte d’Ivoire en février 2005 première opération qui s’annonce difficile car avant notre départ plusieurs « frères d’armes » ont perdu la vie durant leur mission mais j’étais prête à faire mon devoir de militaire. Malheureusement les choses se sont compliquées une fois rendue sur le territoire. Je devais gérer le stress sur le territoire, avec beaucoup de tensions mais je m’étais préparée à ce genre de conflits, mais pas préparée à subir à longueur de journée 7J/7, 24H/24 pendant près de 5 mois des harcèlements de tout genre. J’étais la seule femme entourée d’hommes dans un climat de stress journalier et tous les jours je subissais les remarques graveleuses de mes collègues du genre « paye ton sein, je vais te bouffer la chatte, viens me sucer, une bonne facial sur ta tête »… puis ou ils imitaient des actes sexuel en ma présence et en essayant de m’imiter.

« Pendant mon sommeil un militaire à taper son sexe sur ma tête »
Puis est venu le jour où l’on m’a piqué ma caméra et trois personnes se sont filmées en train de se masturber et une fois pendant mon sommeil un militaire à taper son sexe sur ma tête on appelle ça « une bifle » et une autre fois pendant une garde au poste de sécurité il était derrière moi il a sorti son sexe et me la tapés ur mon épaule et ma tête. Mais bon c’est drôle! on rigole!  C’est toujours très amusant entre hommes mais quand nous sommes la victime et que tout le monde voit et personne ne dit rien. Que faire? Se taire et comme on me disait souvent   » Tu as signé c’est pour en chier ».

« Un légionnaire m’a dit que que je ne devais pas pleurer que cela leur donnerait raison. »
Enfin, certaines personnes sont venues me voir, des gens d’autres sections même un légionnaire qui m’avait vue craquer. Il était venu me voir mais il pensait que j’étais un homme car on m’avait rasé les cheveux (et oui une femme dans une section d’élite ça fait tâche) bref je ne devais pas montrer que j’étais une femme. Et ce légionnaire avait déjà remarqué à plusieurs reprise que j’étais souvent punie et humiliée, à faire ses sacs à terre, repeindre le mat des couleurs, nettoyer les plinthes, faire des tas de petits caillou et tout cela pendant des heures obligatoires de repos à causes des fortes chaleurs. Il m’avait dis que j’étais courageuse et que je ne devais pas pleurer que cela leur donnerait raison. Il m’a même demandé si je voulais qu’il s’occupe personnellement d’une ou deux personnes. Avec le recule je pense qu’il avait raison…

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« Je me suis volontairement cassé la main pour éviter de partir »
Puis quand on est sur le terrain dans un coin isolé dans la forêt ou l’on dresse un bivouac ben le soir faut bien prendre ça douche.Je faisais le nécessaire pour prendre ma douche très tard le soir ou la nuit pour ne pas être observé puis on apprend le lendemain que je passais bien à la Lucie (jumelle à vision nocturne). Mon encadrement étaient au courant mais je devais pas trop me plaindre car si ils voyaient que je pouvais craqué pour moi ils auraient gagné et je sais que une femme à ça place à l’armée.
J’avais 19 ans première mission loin de la famille, des amis, personne à qui me confier dans  un climat très tendu avec de la peur, beaucoup de fatigue et l’inexpérience dans mon domaine de radio graphiste de chef de section un poste à haute responsabilité que je n’ai pas su tenir correctement et avec une pression monstrueuse. Cette longue période était un enfer. Je ne voulais pas craquer car ils auraient été trop content mais plusieurs fois j’ai pensé à me blesser volontairement, j’ai imaginé des scénario en tombant d’un VAB ou même une balle perdu pour que je sois rapatriée. J’ai tout de même réussi à tenir mais dès mon retour en France personne ne me reconnaissait j’étais devenu vulgaire, violente, et j’ai commencé à boire. Après mon mois de permission suite à mon retour de Côte d’Ivoire le retour à la caserne annonçait une nouvelle épreuve. En effet on m’a redemandé de repartir au Kosovo deux mois plus tard avec les mêmes personnes que ceux de la Côte d’Ivoire pour 4 mois. Je n’avais plus le moral ni la force de pouvoir repartir avec ces personnes alors fin août je me suis volontairement cassé la main pour éviter de partir car je savais que si je repartais avec ses personnes je ne reviendrais jamais du Kosovo. Avec ma main j’étais inapte en opérations extérieures mais malheureusement le départ a été repoussée et j’ai eu le temps de me remettre de ma blessure. En septembre 2005 départ pour le Kosovo mais avant de partir j’ai pris le temps de faire un testament que j’ai laissé dans ma chambre dans la caserne car je savais que je n’aurai pas la force de pouvoir continuer à me battre. Je n’ai jamais parlé à ma famille de tous ces faits pour ne pas les inquiéter mais je voyais leur fierté quand ils parlaient de moi en étant la seule, la plus jeune et la première femme à intégrer une compagnie de combat et pour mon grand-père ancien chasseur alpin ou j’ai eu l’honneur de me faire remettre la fourragère par ses soins devant tout le bataillon et il m’a dit que c’était l’un de ses plus beau jour de sa vie tout comme moi c’était un honneur. Donc je suis parti au Kosovo et j’ai de nouveau subit les mêmes choses que en Côte d’Ivoire…

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« Une main ce glisse sous mon tee-shirt et une autre me touche la poitrine »
Et un jour un sous officier est venu dans ma chambre me demandant de lui rendre un service sur son ordinateur en arrivant ils étaient 4 sous officier tous un peu sous l’emprise d’alcool je me suis mise au niveau de son ordinateur un premier baisse son pantalon et son slip et m’exhibe  son sexe devant ma tête puis un autre à commencer à me caresser le dos un autre à enlever (soit disant sans faire exprès) les boutons de ma veste puis une main ce glisse sous mon tee-shirt et une me touchant la poitrine, et que cela devenait très insistant et j’ai réussi à sortir et à me réfugier dans la chambre d’un autre collègue. Si j’étais restée en leur présence cela aurait été beaucoup beaucoup plus loin. Et là je me suis rendue compte que je ne pouvais plus tolérer, ni vivre, ni entendre, ni subir tout ses agissements.

« J’étais sous escorte pour aller manger, aux toilettes »

Le lendemain, en soirée sous l’emprise de l’alcool un collègue qui a vu que j’étais très très mal m’a rejoint et m’a emmené à l’infirmerie et j’ai craqué. Le médecin chef à contacté le chef de corps (qui était le chef de corps d’un autre régiment) lui signalant mon problème et j’ai été placé de suite sous protection et convoqué par les prévôtés (gendarme sur place) et tout s’est accéléré très rapidement avec enquête de commandement. À compter de ce moment je savais que ma carrière de militaire ne sera plus la même, le regard des gens ne sera plus le même et tout de suite c’est encore une femme qui fou la merde…. J’étais incapable de téléphoner à ma famille pour leurs dire que j’allais être rapatriée d’urgence. C’est le chef de corps qui m’a accompagné tout le long de l’enquête ou j’étais sous escorte pour aller manger, aux toilettes, devant ma chambre, pour sortir, de peur de représailles jusqu’à mon rapatriement. Le chef de corps à prévenu ma famille leur signalant vous avez de la chance de retrouver votre fille en vie car elle souhaitait mettre fin à ses jours. La veille j’avais l’intention de me bourrer et de me tirer une balle et je l’aurai fait.

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« Je n’ai jamais vu ma famille aussi triste et en colère »

L’enquête de commandement que j’ai vécu était horrible. J’étais une victime et l’on m’a interrogé et on a osez me dire: « Non mais attendez fallait plus ou moins vous attendre à ce genre de chose c’est comme si on mettait un mouton entouré de loup on fini tjs par vous sautez dessus… »,  « Vous êtes dans un milieu macho faut savoir lire entre les lignes ses toujours les femmes qui foutent le bordel » et j’en passe…
Puis après mon rapatriement mi-décembre, l’incompréhension de ma famille, la déception, le mal être, l’envie de vengeance, mon père était complètement abattu et n’avait plus de mots, je n’ai jamais vu ma famille aussi triste et en colère alors qu’ils savaient un dixième de ce qui m’était arrivée.

Une semaine après j’ai fait mon premier coma éthylique et sombré dans une très longue dépression et une spiral infernale avec la peur de représailles, la peur de mon avenir, la peur que mes parents apprennent la vérité et j’étais en colère avec moi même de ne pas avoir tenue et encaisser plus car un militaire ce doit d’être fort moralement, il n’a peur de rien, dois surmonter les difficultés et je n’avais pas réussie et ils ont gagnés leurs paris. Je n’avais qu’un objectif quand je me suis engagée, je voulais faire carrière, servir mon pays avec honneur au péril de ma vie, mon grand père me disait la même chose quand j’étais petite et je m’étais engagée aussi pour lui faire honneur. Maintenant j’avais honte. Après tout cela j’avais peur des hommes de leurs regards mais j’ai tout de même trouvé un homme bien après mais pour mes premières relations je devais être sous l’emprise d’alcool à forte dose car je repensais systématiquement à eux. J’ai même levé la main sur mon conjoint une fois pour des faits bénins, puis fait des crises de tétanie, fait les cauchemars suite à un stress post traumatique.

« J’ai été mutée »

Après ses faits j’ai trouvé la force de porter plainte mais là encore rien de civil  » tribunal militaire de Paris  » pour occulter encore un peu la mauvaise publicité. Et pour ma protection ça été plus facile de me muter MOI plus que les autres. À croire que tout venait de moi. J’ai du MOI victime faire mes valises et quitter mon bataillon.  J’ai été mutée dans le régiment qui était projeté au Kosovo avec nous. C’est le colonel du Kosovo qui avait gardé contact avec mon bataillon qui à fait la demande de mutation dans leur régiment. Le premier jour il m’a reçu moi et mes parents se disant scandalisé et écœuré de tout ce qui c’était passé et m’a offert son soutien. Mais je suis passé de compagnie de combat à un escadron de logistique bref les bureaux rien à voir avec ma personnalité.

« Je souhaitais organiser une association de femmes victimes de l’armée »

Je ne sais pas si vous avez des retombées concernant votre livre (que j’ai acheté cet après midi d’ailleurs) si les choses se bouscule, ou si d’autres peuvent mettre la pression. Comme je vous l’avais dit précédemment, depuis au moins deux ans, je souhaitais organiser une association, des femmes victimes de l’armée « genre alcoolique anonyme » où l’on pourrait communiquer entre nous sans être jugées car nous sommes toutes des victimes et il n’est pas toujours évident de pouvoir tourner la page et personne aujourd’hui ne peut comprendre ce que l’on ressent. Seul une femme victime elle-même des mêmes agissements peut comprendre. Vous qui avez directement à faire aux victimes, pensez-vous aujourd’hui que l’on puisse mettre en place une association ou en groupe de parole pour toutes ces victimes? Je ne sais pas combien de témoignages vous avez reçu aujourd’hui et combien encore sont à venir, mais peut-être que l’on peut être écoutées surtout si le ministre Jean Yves le Drian cherche « enfin » à faire un peu de lumière.

Raphaëlle (nom d’emprunt)

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6 Commentaires

  1. Bonjour Raphaëlle,
    Je suis journaliste pour Mag2 Lyon, un mensuel sur la région Rhône-Alpes. J’aimerais vous interviewer dans le cadre d’un dossier sur les combats des femmes, même de façon anonyme. Accepteriez-vous de répondre à mes questions ?
    Si oui, vous pouvez me joindre au 0478333632 ou 0786395447. Nous bouclons lundi.

    En vous remerciant,
    Charlotte Vincent

  2. Bonjour Raphaëlle,

    Ton témoignage est tout aussi épprouvant que de lire le livre. Je me bat également depuis plus de treize ans pou r que ces véritées tout aussi abominable et triste les unes comme les autres soient prise en considération et que l on puisse aider celles pour qui les difficultés sont insurmontable…j espère qu une asso Véra le jour…un très bon moyen de s épauler et surtout d échanger c est important…le combat continu!!!

    1. Merci pour ton message cela me fait très plaisir.
      Aujourd’hui je parle et j’espère que d’autres personnes parlerons à leurs tour.
      Nous avons des droits et des devoirs, même quand nous sommes militaires.
      Le droit de parler et le devoir de le faire savoir.
      Trop de silence, trop de blessure, trop d’injustice surtout dans ce métier qui nous a toutes tenues à cœur ou l’on parle d’honneur, de service à la patrie, de dévouement, l’armée a une image à montrer.
      Nous en tant que victimes nous connaissons « là » vrai image.
      Les beaux reportages que l’on vois à la télé ou l’on parle de patriotisme, de service pour le peuple, de fraternité et bien d’autres choses c’est pour ça que l’on c’étaient engagées.
      Nous sommes les première victimes mais il y a aussi notre entourage qui sont des victimes de l’ombre
      Aujourd’hui
      NOUS devrions créer « notre cohésion » pour
      NOUS victime de ce système voilà ce que je souhaite.
      Je parle d’association ou un groupe de parole pour être entendue sans être juger.
      Nous avons toutes le même parcours avec des blessures différentes mais le parcours de l’armée est particulier et nous on sait de quoi l’on parlent.
      Il est jamais trop tard, ensemble nous serons plus forte, nous sommes plus seule.
      On nous a retiré du terrain mais nous avons un nouveau combat devant nous.
      Je suis là à ton écoute comme pour d’autre victime.
      N’hésite pas, je garde toujours l’esprit « sœur » d’arme …
      Merci

  3. Je me retrouve énormément dans ta façon de voir et dire les choses. Il faudrait qu on puisse rentrer en contact. Chose pas facile a faire sans nom. Je n ai pas eu la chance et la santé pour faire exploser tout ses non dit il y a treize ans…aujourd’hui hui on nous permet grace a deux journalistes exceptionnelles s de ne plus se taire alors ayons ce courage de se battre pour toutes celles qui n ont pas eu ou n on pas forcément la force pour le faire toute seule…il faut que les choses bougent , changent et qu on puisse retrouvé cette dignitité et cette fierté que nous étions!!!!

    1. Nous ne sommes plus toutes seules titiab,
      Comme tu dis nous avons l’appui de 2 formidables journalistes qui ont réussi à ouvrir une brèche qui aurait dû être ouverte depuis longtemps, à nous de rentrer dedans en se retrouvant entre nous.

      Je viens de créer une adresse email anonyme et je recommande à :
      -TOUTES les victimes
      -TOUTES les personnes qui se retrouvent dans mon témoignage,
      -TOUTES les personnes qui vivent actuellement ce genre d’agissement.
      De me contacter afin de partager nos expériences.
      Nous sommes victimes d’une injustice, on ne refera pas notre procès mais on peut se soutenir et se reconstruire.
      Voici mon adresse mail:
      victimes.armee@gmail.com

      L’UNION FAIT LA FORCE

  4. Raphaelle a eu le courage d’en parler en service et le procès. Mais elle a eu de la chance, sa famille a de suite compris l’enfer quotidien en mission pour une femme militaire en compagnie de combat (Qui n’était non pas une miss bonne à subir « bifle » mais combattante dans touts les sens du mot.) Ton témoignage est toujours dur à lire quand je le relis mais aussi touchant quand tu parles de ton grand-père. Respect Raphaelle…je n’ai plus la force d’en parler à quiconque sauf sous valium ou vodka. Tu as encore le courage de faire bouger les choses et la bonne de faire ton association

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